Elena Arab Ouali est une artiste franco-algérienne née en France en 2001 et élevée dans les montagnes kabyles d’Algérie.

Avez-vous déjà senti le monde se distordre, se rompre et se recoudre sans vous? Avez-vous déjà croisé un reflet sans y reconnaître votre propre nom ? Avez-vous déjà habité un corps devenu étranger ?

De son arrivée en France en 2009, à l'aube de sa vingtaine, Elena Arab Ouali a traversé le monde comme un territoire en guerre. Sans armes pour se défendre, sans armure pour se protéger.

Sa peinture naît d'une impulsion viscérale, d'une certitude presque entêtante : ses mains traduisent ce à quoi ses yeux n'ont pas encore accès. Dans l'obscurité du souvenir, le geste guide la vision. La toile donne alors forme à la dissociation structurelle, cette tension sourde entre les fragments d'un passé figé par l'effroi et le désir instinctif de refaire l'unité. La matière devient une seconde peau, une cartographie aveugle mais infaillible de la mémoire.

C'est au bout des doigts que surgit, pour elle, l'évidence : la lumière n'a jamais cédé.

Tapie sous les strates, juste sous la surface, elle n'attendait qu'un effleurement. La toile devient cet espace de réconciliation où les facettes du soi viennent s'incarner pour laisser enfin percer l'éclat originel.

En tant qu’artiste, elle tente de briser la frontière entre l’esprit, le corps et l’âme pour créer des œuvres significatives et troublantes, inspirées par les traumatismes de la petite enfance et son expérience de fille aînée d’immigrés.

L’art comme exutoire mais surtout comme quête, afin de retrouver l’enfant enfouie sous ces facettes forgées pour résister au monde.